lundi 4 juillet 2016

Connaissez-vous les fourmillons ?

Du bel éphémère à la méchante larve


Dans le petit monde des insectes, il y en a tant à observer en forêt de Fontainebleau et des Trois Pignons que je rennonce parfois à les photographier et identifier ! Mais surpris par cet insecte aux allures de libellule miniature et au vol incertain, j'ai pris le temps d'étudier un peu plus celui-ci, croisé dans les Trois Pignons.



Myrmeleon formicarius , fourmillon commun, Trois Pignons, (C) 2016 Greg Clouzeau
Myrmeleon formicarius , fourmillon commun, Trois Pignons, (C) 2016 Greg Clouzeau



Je penche pour le fourmillon commun Myrmeleon formicarius, un insecte de l'ordre des Neuroptera (névroptères), de la famille des Myrmeleontidae. L’adulte se distingue de la libellule au repos au premier coup d’œil car il dispose ses ailes transparentes comme un toit qui recouvrent alors le corps long de 35 à 45 mm. Par ailleurs, il possède deux antennes en forme de massue. Le dessus de la tête est noir ou brun et les ailes plus ou moins tachetées. On compte une quinzaine d’espèce de neuroptères en France.



Faire une identification précise est une affaire de spécialiste. Voici par exemple un pdf des clefs de détermination. Le fourmillon commun étant justement l'une des plus communes en Europe, j'ai peu de chance de me tromper. Ici, il y a peu d'anneaux colorés sur l'abdomen et une quasi abscence de tâches sur les ailes...


Les adultes volent de juin à août, notamment la nuit. Ils sont faciles d'approche et ne s’envolent pas spontanément, le décollage étant apparemment aussi difficile que leur vol est irrégulier. Les adultes se contentent de pollen quand ils s’alimentent car ils consacrent leur courte existence à la reproduction.

La méchante larve



C'est donc à son activité de chasse des fourmis (et d’autres proies marcheuses comme les araignées) que l'insecte doit son nom de fourmilion. En effet, sa larve est insectivore et chasse ses proies dans la litière, généralement dans les pinèdes ou les chénaies. Dans des zones dégagées et sèches, la larve creuse un entonnoir dans des terrains meubles, sablonneux pour capturer de petits insectes qui tombent au fond de la cavité d'où émerge parfois les mandibules puissantes et recourbées, de la larve. Une fois piégée, la proie se voit injecter des enzymes (comme avec les araignées) qui entraîne la liquéfaction des organes internes. Une fois aspiré, l'exosquelette de la dépouille rejetée hors du piège.

Greg CLOUZEAU

Auteur & Photographe

Passionné de nature et de sport, je participe à la rédaction de plusieurs magazines et portails d'information

Engagé dans la préservation des sites naturels, je partage ici certaines mes connaissances sur le Pays de Fontainebleau en les illustrant de mes observations photographiques.

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